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WorldCycle (2002-2003)
De Paris à Paris, carnets de route d'un voyage d'un an autour du monde.

Espagne.


San Sebastian/Donostia, 20 août 2002
Colmenar Viejo, 05 septembre 2002


San Sebastian/Donostia, 20 août 2002



Donostia, las once de la mañana, un bar quelque part dans la vieille ville. Le comptoir regorge de tapas multicolores sortis tout juste de la cuisine, on y fait halte, d'instinct. C'est le matin, et les plats tous plus alléchants les uns que les autres attendent patiemment d'être pris d'assaut par les premiers clients (nous!). Nous sirotons une caña de la bière locale en papotant avec 2 garçons rencontrés à l'auberge de jeunesse où nous logeons pour quelques jours. Jose le Chilien qui vadrouille en Europe. Et Jordi l'Espagnol qui revient du Québec, et qui souffle avec talent dans un rouleau de papier toilette géant improvisé en didgeridoo.

Nous voici... en Espagne, ¿qui l'eût cru?


Jose mari, San Sebastian, 20 août 2002


Après Cognac et une halte dégustation chez l'ami Charlie (miam miam glou glou), nous avons rejoint Arcachon pour le 15 août. Johannes le Germain, 18 ans, est au camping et partage notre emplacement. Il est également à vélo pour un tour de France vélo-train, et se joint à nous pour descendre la côte atlantique et rejoindre Hendaye. Discret, sympathique et bon public à nos blagues potaches… Nous sommes désormais 4 pour quelques jours.

Surprenant la vitesse à laquelle les paysages changent… Jusqu'à Montendre, un peu avant l'estuaire de la Gironde, ce sont les champs de maïs et de tournesols à perte de vue, la France agricole, paisible, un peu vide. Et puis brusquement, on se retrouve entourés de forêts, et bientôt par les vignes et l'on navigue de cru en cru... Côte de Blaye, Château Lamarque, côteaux du Médoc, suivez le guide... Je révise mes classiques. Merci à la famille Branas pour nous avoir hébergés pour une nuit dans leur jardin au milieu des vignes. S'en suivent les Landes et les pistes cyclables au milieu des pins sentants, le chant des criquets, la mer a 400m à droite (on pédale plein sud), ca y est nous sommes passés dans le sud de la France.

Le rythme de pédalage reste modéré, mais les distances journalières sont en légère augmentation: 80-100km par jour sans trop de difficultés, nous commençons a trouver notre rythme... et le record de distance est battu. De Mimizan, nous rejoignons Hendaye en une chevauchée fantastique de 160 kms, commencée tôt le matin et finie tard dans la nuit. A 4h nous plantons la tente dans le camping juste avant Hendaye, épuisés mais ravis - fallait-il que l'on s'aime et qu'on aime la viiie.

Après nos premiers 800 et quelques kms pédalés en Gaule, nous faisons halte pour quelques jours au Pais Vasco. Si tout se déroule comme prévu nous quittons la France pour au moins un an. Bye Bye! Repos mérité pour les jambes et le postérieur. Nous faisons le plein de rencontres et le plein d´adresses. Le projet suscite plutôt des sympathies et notre carnet d´adresse se remplit de coordonnées aux 4 coins du monde, qui nous serviront peut-être, qui sait? La perspective de recroiser les gens dans 6 mois à l´autre bout du monde est plutôt excitante... Avant hier soir, nous croisons dans un bar David, Seb et Iñaki, francais de passage à San Sebastian. Nous leur faisons part de notre tour en pouffant de rire, un demi et une cigarette à la main. Ils ne nous croient pas, malgré nos coups de soleil sur la cuisse gauche (cf nous pédalons sud-ouest depuis le début). Nous leur donnons l'adresse du site, bonjour à eux s'ils lisent ces lignes!

Prochaine étape dans quelques jours: MADRID !

Seb
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Nothing outrageous to report from the western front. From Cognac we cycled south west, bumping into a dramatic change of scenery in Montendre, where the sunflower and corn fields yielded the way for the bushy trees and a distinct impression of the south of France. Then came the vineyards, and in Arcachon we dived head first into the dreadful tourist areas, where we abandoned ourselves to the joys of our modern decadent society.

My suntan is beautiful. Red on the shoulders with the clear pattern of a guitar, black legs and arms but a white tummy, and sandal marks on my feet. White bum, glows in the dark.

With Johannes, an 18 year-old German cyclist we met in Arcachon, we cycled along the Atlantic coast, on cycle paths through the pine trees. This included a mad one-day 160km cycle, finishing at 4am on unlit cycle tracks and empty dual carriageways. Got to Hendaye, the last we will see of France for the next year. Never done that before. I am already missing my beret, my rusty bicycle, my garlic breath, my string of onions round my neck and being rude to people for no reason.

The border into Spain was hardly noticeable. We were waved through a parking with a friendly smile and the first we saw of Spain was a 20km dual carriageway into San Sebastian. Very long hills, great for fitness, but my right knee has seen better times.

Anyway, here we are in San Sebastian, having a rest, licking our wounds, recharging our physical and social batteries. Looking forward to the hot and dry plains of Northern Spain into Madrid...

stefan
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Well paddy stripes galore still but having a ball. In San Sabastian now lying on the beach chilling, meeting alot of people from all Nationalities and making idiotic attempts to speak the lingo! Trying surfing for the first time this afternoon with an Australian of all people. Figure may aswel do it right hey!! Muscles feel like they´re in heaven rucuperating before they tackle the mountains of spain and then the dry, hot route to Madrid!This is the first time for me in Spain and i´m finding it excellent. Although I realise it´s quite touristy here so I will reserve my judgement until I arrive in Madrid. At present though the people are very friendly, I feel safe and welcome and they have an inept attitude for fun with their contagiousness attacking my fellow travellers inticing them to go for their first naked midnight swim of the trip (one of many I imagine!!) much to the amuzement of fellow travellers! They went in men and came out boys ha ha ha! Of course it could also have had something to do with the local cheap rum and beer! Oh the joys of being on a budget!!! Although sticking to one is fine while travelling it becomes tough when you stop for a while. Your in a holiday atmosphere and are tempted to eat, drink and buy buy buy and just blow the budget! So continous slapping of the wrists are neccessary!

Although hostelling it is more expensive than camping it´s a much better way to meet people and already we have addresses for Australia, New Zealand, Chile and Italy! How genuine they are we will find out enroute but i´m fairly confident they were sincere. After all they were kept entertained by the musical wizardry of Seb and Stef and of course the glimpses of big white backsides flickering in the moonlight that would have brought a smile to even the most distraught onlooker!!

Right i´m away to make a complete fool of myself in front of all the surf dudes and i´ll speak with you soon!

Sal
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Colmenar Viejo, 05 septembre 2002

Nous voici arrivés depuis quelques jours aux portes de Madrid, sous le soleil (enfin!): fin de la première étape de notre voyage. Nous avons traversé le Pais Vasco et ses montagnes, la Navarre et son magnifique Rio Ebro (couleur rouge terre), la région viticole de la Rioja et ses nombreux vergers (pommes, poires, pêches, abricots, figues, olives – pays du soleil!), la Castille, et enfin la Communidad de Madrid. Au compteur, 830 km en France et 545 en Espagne, une ligne continue de Fontainebleau à Madrid. Et nos yeux ont fait le plein de paysages superbes.



Nous ralentissons le rythme en raison de la géographie fortement valonnée qui met nos jambes à rude épreuve, mais aussi pour ménager le genou de Stef qui lui pose quelque souci, et la cuisse droite de Sallie (ils ont fière allure, les sportifs de haut niveau!!!). Malgré tout, le voyage gagne en intensité, nous trouvons notre rythme de groupe et fusionnons peu à peu avec la nature: camping sauvage, plantage de tente de nuit, douche dans les rivières sinon rien, besoins dans les champs. C’est économique, mais en plus on y prend dangereusement goût. Sur 8 nuitées, nous en passons 2 en camping et 6 dans la nature. Nous jouissons du bonheur de nous réveiller tour à tour au milieu d'un champs de blé doré, dans une clairière protégée, au bord d'une rivière. Liberté, j’écris ton nom!


Sallie et Delphine


Après quelques jours sur la croisette espagnole qu’est San Sebastian, nous reprenons les vélos, en compagnie de Delphine, la soeur de Stefan, qui se joint à nous jusqu’à Soria, 300 kms au sud. Nous rentrons dans les terres du Pais Vasco (Pays Basque), où l'on découvre...

1er jour
... que la marche sur route et même autoroute (le réseau routier étant ordonné de façon assez étrange, nous avons dû emprunter quelques tronçons d’Autobia...) est un sport très plébiscité dans la région, essentiellement par les plus de 60 ans de sexe masculin. En une journée, nous en croisons une bonne quinzaine: bérêt basque de rigueur (beaucoup plus à la mode qu’en France, contrairement au cliché habituel) et parapluie noir servant de bâton de marche (temps changeant oblige).

2eme jour
... que le pays basque est vert et montagneux! Un air de Savoie. Au programme du jour, l’ascension plutôt éprouvante de 2 cols: un col à 620m et un à 1031m. Cette fois-ci nous testons vraiment l’efficacité des petites vitesses. Résultat concluant. Malgré le poids de notre chargement, Delphine semble galérer plus que nous, eh eh eh. Ce deuxième col passé, nous sortons des montagnes, et découvrons un paysage tout autre: plus sec voire preque désertique, c'est l’Espagne que je m’imaginais!


Le premier col


Encore une fois, comme il y a quelques jours au passage à Montendre avant l'estuaire de la Gironde, le changement de paysage est brutal. Les nuages et la pluie qui nous avaient suivis depuis San Sebastian restent prisonniers des montagnes. A nous les premiers rayons de soleil, au diable le poncho!

L’Espagne est un pays de fête, et les petites villes ne sont pas en reste, nous en faisons l’agréable apprentissage sur notre route. La plus mémorable à ce jour reste celle de Calahorra. Nous débarquons à Calahorra le dimanche 25 août en fin d’après-midi. C’est le premier jour d’une semaine de festivités dans la ville: feux d’artifices, orchestres, courses de vachettes dans la ville. Les gens sont pour la plupart habillés en costume traditionnel: pantalon et maillot blancs, ceinture et foulard rouges. L’ambiance nous plaît, c’est vite décidé, nous passerons la soirée ici. Nous accrochons les vélos en face du bar à tapas "El Rincòn de Luis", où nous installons la permanence pour la soirée, autour de moultes tapas et raciones, arrosés de moultes pichets de sangria. En fin de soirée, nous sympathisons avec la Peña Riojana, orchestre ambulant d’une quinzaine de musiciens, section de cuivres détonnante+caisse claire+grosse caisse. Ils sont bruyants, festifs, survoltés. Nous les suivons avec la guitare pour faire la tournée des bar, abandonnant nos vélos cadenassés et sacoches dans une ruelle sombre. Au total nous sommes bien une quarantaine de personnes à avancer ensemble, dansant, chantant, et quand nous rentrons dans un bar, c’est le raz-de-marée. Dans les bars, nous alternons entre leur musique et quelques morceaux de guitare repris en choeur par l’assemblée. Mémorable. Nous finissons le tour au bar de l’association où nous enchaînons quelques jeux autant débiles que conviviaux de type farandole: ON SE MARRE. La soirée se termine pour nous dans le parc en contrebas de la ville, où nous plantons la tente pour la nuit: il est 5h00 et nous sombrons dans le sommeil.

Les derniers kilomètres pour rallier Madrid sont un vrai calvaire: 40kms dans la douleur! Tels des David Vincent "en tentant de trouver un raccourci que jamais ils ne trouvèrent...", nous nous égarons dans la montagne pour nous retrouver sur un "coto privado de caza" (terrain de chasse privé), sur un chemin sans issue au milieu des fourrés qui nous oblige à faire demi-tour pour retrouver la route. Puis les côtes qui n’en finissent pas et qui se passent le relais, la chaleur et surtout la fatigue générale des corps qui ont besoin de repos. Nous posons le camps à Colmenar Viejo, au nord de Madrid, chez Diana et David, des amis de Stefan, qui nous accueillent à bras ouvert malgré barbes longues et maillots crasseux: courageux! Nous redécouvrons les plaisirs d’une maison confortable, le lit, la salle de bain, la chaîne hifi, la télé, les étagères remplies de livres, la cuisine et tous ses appareils très pratiques, et les bons petits plats de Diana qui nous gâte.


Miguel, Stef, Diana et David


Merci aussi à Bérangère et Momo pour nous avoir hébergés sur Madrid 2 soirs cette semaine. Vodka le p'tit chat va nous manquer, envoyez-nous une photo de famille!

Ce vendredi nous embarquons pour de nouvelles aventures, les choses sérieuses commencent, direction RIO DE JANEIRO. Sallie y rejoindra ses parents pour descendre l'Amérique du Sud avec eux. Nous la retrouverons vraisemblablement à partir de l'Asie. Quant à Stef et moi, nous pédalerons comme prévu vers la Patagonie.

Seb
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Here we are, still alive after 1375km, first stage complete. Spain is scenic, people are friendly, and we are now resting for a week in Madrid before flying to South America. We now have a better idea of what this trip will be like in terms of every day life and in terms of physical effort. Might be time for retuning our original plan…


Calahorra, 26 août 2002


In terms of mileage, it varied. We were careful due to Sallie’s hip flexor and to my knee, so some stages were around 40kms, mainly the ones in the mountains. Some stages were surprisingly flat, with the wind in our backs, so 80kms went by without us noticing. But overall we were more careful and less ambitious than our stretch from Fontainebleau to San Sebastian.

In terms of terrain, I think we underestimated the stretch between San Sebastian and Madrid. Having crossed the region on the train several times in the past, I was under the impression it was flat and dull. I was wrong on both accounts. We took detours to avoid high mountain passes but still we kept climbing long, steep hills. Although some views were breathtaking, physically the cycling was getting quite tough, especially our last 30km, which we expected to be a walk in the park. Here’s a summary of my depressing thoughts on one of the final hills before our destination.

The small beads of sweat irritatingly tickle the side of my face as they make their own way from my overflowing eyebrows onto my cheeks. This seems to attract Muriel the fly, who has been following me for the last 10 minutes. Muriel wiggles her feet on my skin as she vomits on me before devouring my nutritious salty sweat. My right knee throbs every time the pedal goes round. I am exhausted and hungry. As the previous one and the one before that, this hill should have been the last, but the end of this hill only makes me realise that yet another one is coming, longer this time. Although we have been struggling with headwind all morning, there is no wind at 6kms/hour, and the heat is suffocating. My hands slip on the gears, which respond with a delay, violently clonking into the wrong gear. My arse is sore and the saddle is depriving vital parts of my body of blood.

But anyway, we’re still alive and this part was just the warm up. Can’t wait to read my comments when things really start to get tough…

Over the last 8 days of cycling, we slept in campsites twice; the rest consisted in pitching our tent wherever we could find a spot. Sometimes we asked people, sometimes we just pitched our tent and slept. On one occasion we slept on an abandoned piece of land in Baños de Fitero, where a grumpy old bag gave us an earful because her disgraceful dump full of plastic bottles, broken bricks, torn cardboard boxes in the middle of nowhere was private property. Apart from Baños de Fitero and Miss Grumpyfart, most places we slept in were fantastic, waking with the heat of the sun in a field, by a river, in a forest, washing with no clothes on in a river, telling stories under the stars...


 


The generosity of the people we came across did not go unnoticed. When we asked for directions trying to avoid a motorway, a lovely old woman ran for 500m in sandals next to her limping dog to show us the way to a short cut. A physiotherapist in San Sebastian cycled from the other side of town to come to meet me for a session he didn’t charge me a penny for. A woman insisted in giving us a loaf of bread because there was no panadería in her village, apologising because the bread might still be a little frozen. Rather than saying he didn’t know, a man asked 3 people where the next hardware store was before coming back to give me directions. And of course, the way Diana and David took care of us in Colmenar Viejo, where we stayed almost a week, was simply adorable.

My artistic talent has never really been revealed until last week, when I miraculously stumbled upon my most successful inspiration, creating an innovative and picturesque artistic collage that you will have the honour of discovering here.

August in Spain is also the time to savour the taste of fiesta atmosphere. Looking for a quiet place to spend the night after a tiring day, we stopped in the rain in Calahorra. Morale was already low due to arguments and injury, and there was no hostel or pension available because the San Emeterio and San Celedenio Fiestas had just begun. The party mood suddenly grabbed us by the hand and took us through a gorgeous tapas meal washed down with sweet sangria, which lightened our spirits. We danced in the streets, were invited to the Peñas’ (local associations) headquarters to drink wine from a glass watering can that you raise at arm’s length above your head. We watched fireworks and a parade of fire-throwing statues. Hooking up by accident with the Peña Riojana we followed an epic pub-crawl through the city, leaving the bikes in a dark alleyway. Alternating the orchestra’s music, songs we accompanied on the guitar, and the pubs’ music, the atmosphere never seemed to calm down. And although we tried hard, we never succeeded in buying a drink.

This is it then. Next stop Rio de Janeiro, and we’re on our way down, slowly, to Patagonia. Sallie will be spending some time with her parents in South America, and our trio should meet up again in Asia. Our European warm up stage is over, we’re now entering unknown territory. If anything embarrassing were to happen to us, you’ll be the first to know...

Stef
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Stef et Sallie



 



Coucher de soleil un peu avant Torrelaguna



Une autre création artistique



Sur la route